La Famille franciscaine fête ses 800 ans. En 1209 le pape Innocent III approuve la Règle de saint François
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Tau

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Le Tau - Un signe franciscain


[modifier] Origine du « Tau »

Le Tau ou « Tav » est la dernière lettre dans l’alphabet hébraïque. Sa correspondance dans l’alphabet grec est le tau « T ». Il symbolise donc, dans la Bible, l’accomplissement du dessein de Dieu sur le monde et sur Israël. C’est la raison pour laquelle, dans le livre du prophète Ezéchiel, (ch. 9, 4), le Seigneur ordonne à un ange de marquer d’un « tav » le front de ceux qui se lamentent sur l’infidélité des Israëlites, afin qu’ils soient épargnés lors du grand châtiment.- En référence à ce texte, dans l’Apocalypse de Jean, un ange qui vient de l’Orient est invité par Dieu à marquer du « signe du Dieu vivant » le front des fils d’Israël qui seront épargnés.- La symbolique chrétienne du Baptême et la catéchèse du caractère baptismal développeront cette image pour signifier la croix du Christ dont les baptisés sont marqués au front, devenant ainsi fils du Dieu-vivant, rachetés par la Croix du Christ et promis à la vie éternelle. (Dans l’écriture cursive, le tau s’écrivait comme une petire croix +).

Au XIIe siècle siècle, des religieux hospitaliers qui seront appelés, plus tard « chanoines de saint Antoine » ou Antonins, parcouraient les villes et campagnes pour soigner ceux qui souffraient du mal des ardents ainsi que les lépreux. Ils avaient choisi le Tau pour emblème. Leurs hospices et leurs commanderies ont gravé le « Tau » sur la porte d’entrée.

Au XIIIe siècle siècle, beaucoup considéraient que l’Église était vieillie et qu’on approchait de la fin des temps. Ce sentiment fut entretenu par les œuvres authentiques et apocryphes de Joachim de Flore. Beaucoup désiraient une réforme de l’Eglise, à commencer par le Pape Innocent III, qui convoqua pour ce faire le 4e Concile de Latran (1215). Il ouvrit le Concile par un discours vibrant dans lequel il invitait les évêques, les prêtres et les fidèles à un renouveau de vie chrétienne, par la conversion et par la reviviscence du Baptême : il était temps de se laisser marquer au front du signe « Tau » qui devait permettre au chrétien de franchir ces derniers temps de l’histoire.

[modifier] Le « Tau » franciscain.

Dès lors, François adopta ce signe, pour lui-même et pour ses frères. Il l’utilisait souvent pour marquer les lieux où il demeurait, et s’en servait comme d’une signature. Avec ce signe il bénissait les hommes et signait ses lettres. Ainsi, nous le trouvons dans la bénédiction à frère Léon quand ce dernier était dans l’urgence et la crainte. Cela signifiait pour fr. Léon, force et réconfort. Cette bénédiction du saint il la porta constamment sur lui.

Dans le Prologue de la vie de saint François par saint Bonaventure (Legenda major), on peut lire :

« Voilà pourquoi l’on peut affirmer à juste titre : c’est lui (François) qui est représenté par l’Ange qui s’élève à l’Orient et qui porte le signe du Dieu vivant, dans la prophétie véritable de cet autre ami de l’Époux, Jean l’apôtre et l’évangéliste : « Après la rupture du sixième sceau, dit-il dans son Apocalypse, j’ai vu monter de l’Orient le deuxième messager porteur du signe du Dieu vivant. » - On peut lire ce texte comme désignant François, porteur du Tau, ou porteur des stigmates de la Passion du Christ, dont son corps fut marqué.

C’est pourquoi l’Ordre des Frères mineurs, adopta le « Tau » comme emblème et comme un signe d’appartenance pour tous les frères. Il leur rappelle qu’ils sont envoyés pour prêcher l’Évangile de la conversion et de la Paix. Qu’ils doivent inviter les hommes à la conversion et suivre le Christ pour accéder à la vie éternelle. C’est un signe d’espérance quant à la venue du Royaume et au salut de tous les hommes.


[modifier] Bibliographie

fr. Damien Vorreux, ofm, Un symbole franciscain - Le Tau; Paris, 2e ed. (1996), Éditions Franciscaines, 140 pages, avec des illustrations,(ISBN 2-85020-066-2).

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