La Famille franciscaine fête ses 800 ans. En 1209 le pape Innocent III approuve la Règle de saint François
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Paix

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Sommaire

[modifier] François, artisan de Paix

[modifier] L’annonce de la Paix

François d'Assise a vécu dans un siècle de violences. Il a eu dès sa jeunesse l’expérience de la guerre, de la captivité et de l’attrait des armes, mais sa conversion à la fraternité s’accompagne du désir d’apporter la paix à tous, et c’est bien le sens du salut qu’il apprit aux frères à employer envers toute personne rencontrée sur son chemin. “Que le Seigneur te donne sa Paix !” :

“Pour saluer, le Seigneur m’a révélé que nous devions dire : Que le Seigneur vous donne sa paix ! Cette paix, il la souhaitait toujours avec conviction aux hommes et aux femmes et à tous ceux qu’il rencontrait sur son chemin...”(1 Cel 23). Et il ajoutait, dans son enseignement : “Cette paix que vos bouches proclament, il vous faut d’abord et bien d’avantage l’avoir en vos coeurs : ainsi vous ne serez pour personne occasion de rancoeur ou de chute. Tout au contraire, votre paix et votre délicatesse ramèneront la paix et la tolérance parmi les hommes. Car c’est là notre vocation” (An.¨P.38c).

Remarquons que pour François, la paix n’est pas une utopie, ni un idéalisme, mais bien une réalité quotidienne, car “faire la paix” se vit chaque jour, et même François y voit l’une des conséquences du choix de la pauvreté évangélique : ainsi il répondait à l’évêque d’Assise qui s’inquiétait du radicalisme de la pauvreté des Frères : "Monseigneur, si nous avions des propriétés, il nous faudrait aussi des armes pour les défendre, car elles sont sources d’interminables querelles et procès. Et tout cela n’est qu’entrave à l’amour de Dieu et du prochain. Voilà pourquoi nous ne voulons d’aucuns biens matériels en ce monde.” (An.P. 17d).

[modifier] Le prédicateur de la Paix

Par ailleurs, François ne s’est pas contenté d’inviter ses frères à garder la paix, mais il s’est fait lui-même un prédicateur de la paix et est intervenu, avec plus ou moins de succès dans les conflits de son temps.

La rencontre avec le Sultan est un geste significatif de paix, en pleine violence guerrière, alors que les esprits semblaient si opposés à une telle démarche. Il faut se souvenir qu’au siècle précédent, le doux Bernard de Clairvaux, prédicateur de la Croisade et conseiller spirituel de la fondation des Templiers écrivait à ceux-ci que leur milice devait obtenir, au besoin par les armes, la conversion des musulmans : “s’ils refusent de se convertir, alors il faudra les exterminer !”.

Pour François, au contraire, le Sultan n’est pas d’abord un ennemi mais un frère qui a droit à entendre les paroles de l’Évangile. Sans doute il nous est difficile de lire à travers les textes, qui sont surtout des panégyriques, quel fut le résultat de cette prédication. À en croire les différentes sources, et surtout le récit de Bonaventure qui dit tenir ses renseignements du frère Illuminé, le compagnon de François en cette aventure, le Sultan Melek-el-Kamil, non seulement aurait reçu François avec quelques égards, admirant son courage et sa courtoisie, mais il aurait exprimé un désir de foi, une possible conversion intérieure. Cela n’est guère vraisemblable. Mais ce qui importe, c’est le changement qui s’en est suivi chez les chrétiens, à commencer par les Frères Mineurs, persuadés, désormais qu’il valait mieux évangéliser que combattre par les armes.

Nous connaissons d’autres interventions de François pour rétablir la paix, en particulier dans les villes italiennes en proie à des conflits sociaux entre riches et pauvres, créanciers et débiteurs, “majores” et “minores”. Jusqu’à la fin du XIIIe siècle, des frères mendiants, mineurs et prêcheurs s’efforceront d’obtenir, dans les cités et les communes, des pactes de modération réciproque, voir de remises de dettes pour les plus pauvres. La plus célèbre de ces interventions fut celle d’Antoine de Padoue qui, en 1231 (5 ans après la mort de François), obtint du Podestat de la ville une charte interdisant la contrainte par corps pour les débiteurs insolvables (nous en possédons encore le texte). François lui-même intervint en ce sens dans les villes d’Assise et d’Arezzo. Ses premiers biographes remarquent que là où il passait, les conflits s’éteignaient et les gens se reconnaissaient comme frères.

Un archidiacre de Spalato, prêtre séculier, se rappelait qu’étant étudiant à Bologne, il avait entendu François prêcher : “...Il parla si bien et avec tant de solide clarté que les développements de cet illettré plongèrent dans une admiration sans borne même les savants de son auditoire. Ses discours pourtant ne relevaient pas du grand genre de l’éloquence sacrée : c’étaient plutôt des harangues. En réalité, il parla pendant tout son discours du devoir d’éteindre les haines et de conclure un nouveau traité de paix..., Dieu conféra tant de pouvoir à ses paroles qu’elles ramenèrent la paix dans maintes familles seigneuriales déchirées jusque là par de vieilles haines, cruelles et furieuses jusqu’à l’assassinat...”(cf Totum, p. 1345)

C’est ce pouvoir quasi-miraculeux d’apaiser les querelles et de ramener la paix qui frappait les foules et assit sa réputation d’artisan de paix.


L’un des derniers actes de sa vie va bien dans ce sens. L’évêque et le podestat d’Assise étaient fâchés depuis longtemps dans un conflit sans issue. De son lit d’agonie, quelques jours avant sa mort, François ajouta une strophe à son Cantique des créatures et envoya deux de ses compagnons la chanter aux deux chefs de la cité, qui par amour pour François se réconcilièrent illico. Loué sois-tu, mon Seigneur, pour ceux qui pardonnent par amour pour toi, pour ceux qui supportent épreuves et maladies, heureux s’ils conservent la paix ! Par toi, Très-Haut, ils seront couronnés ! (Leg. Pérouse 44)


Lorsque le 26 juin 1946, après la deuxième guerre mondiale, le sénateur américain Tom Connaly présenta la charte de l’O.N.U inaugurant cet organisme voué à la paix dans le monde par le dialogue entre les nations, dans la ville de San Francisco (fondée au XVIIIe siècle. par les missionnaires franciscains), il souligna, dit-on, cette coïncidence et évoqua la mémoire du petit pauvre d’Assise, en récitant la “prière pour la paix”, qui lui est attribuée, pour inviter les hommes à faire enfin la paix après le conflit le plus violent et le plus meurtrier de l’histoire des hommes. (cf Christian Renoux, La prière pour la paix attribuée à François d’Assise, EF, 2001)

[modifier] La paix en Dieu

Le péché a introduit dans le monde la racine de tous les conflits entre les créatures, mais surtout il a rompu l'alliance originelle d'Adam avec son Créateur. Conscient de ses fautes, l'homme redoute le châtiment divin et se fait une image redoutable d'un Dieu animé par la colère. L'Apôtre Paul, dans l'épître aux Romains, rappelle au chrétien, que l'amour bienveillant du Père s'est manifesté dans l'envoi de son Fils bien-aimé : "alors que nous étions encore pécheurs, c'est alors que le Christ est venu..."(Rm 5,5). Il n'y a donc plus lieu de redouter la colère divine, mais il convient de vivre désormais dans l'action de grâce pour le pardon obtenu dans la bienveillance divine, signifiée par la Passion de Jésus. François qui contemple sans cesse l'amour manifesté par la Passion et qui porte en son coeur la compassion de Jésus pour les pécheurs, voudrait que tous les hommes entendent ce message d'espérance.

Saint Bonaventure, disciple de François aspire de tout son être à connaître la Paix en Dieu. C'est aussi le terme de "l'itinéraire de l'âme", lorsque étant parvenue à saisir , avec François, l’amour rédempteur signifié par la Croix du Christ, elle peut enfin accéder à la contemplation des mystères divins, et se reposer, en silence, dans l’union aux Personnes divines.

[modifier] Mission de Paix

[modifier] Frères diplomates

Que ce soit auprès des Musulmans, des Mongols ou d’autres peuples, voire auprès des Églises orthodoxes, le Pape et certains souverains ont confiés aux franciscains des missions diplomatiques.

[modifier] La mission itinérante

Lors de l’envoi des soixante-douze disciples au devant de lui (Lc 10, 1-9), Jésus leur confie trois missions :

  • prier le Maître de la moisson d’envoyer des ouvriers pour la moisson,
  • annoncer, souhaiter la paix à la maison qui accueille,
  • annoncer la proximité du Royaume de Dieu

Lors des missions itinérantes, cette triple mission est reprise. L’annonce de la Paix est donc explicite comme salutation lorsqu’une porte s’ouvre pour les frères.

Il n’est pas rare de voir très rapidement des effets de cette annonce. Après une surprise : il n’est pas commun de voir des frères en bure sonner à une porte et mendier leur repas, bien souvent les visages se détendent, les personnes confient leur souci pour un proche, confient aux frères une intention de prière...

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