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Jean Glapion

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Le frère franciscain Jean Glapion tint un rôle éminent au début du XVIe siècle. Tout à la fois théologien, auteur spirituel, homme d’action et de politique, prédicateur célèbre, et acteur de la réforme observante de l’Ordre franciscain. Il est surtout connu pour avoir été le confesseur et le conseiller de l’empereur Charles-Quint.

Sommaire

Image:ofm_puce.png Jean Glapion
frère mineur observant
vers 1460, Ferté-Bernard (France)
décédé le 14 septembre 1522, Valladolid (Espagne)

[modifier] Sa vie

Né vers 1460, près de La Ferté-Bernard, dans la Sarthe, il entra chez les Franciscains du Mans, dans la branche observante de l’Ordre, qui n’était pas encore autonome. Il étudia la théologie au Studium generale de Paris. En 1508, il fut désigné comme gardien du couvent de Bruges (extra-muros), en conflit larvé avec les frères de la branche conventuelle du couvent ancien de la ville, puis avec Boniface de Ceva, défenseur des Conventuels.

De 1516 à 1518 il se trouve à Rome, d’abord comme Commissaire général pour la partie ultramontaine de l’Ordre, puis comme Procureur de l’Ordre tout entier.

A partir de 1518, la province de France des Franciscains se divisa en Province de France conventuelle (les Cordeliers), et Province de France parisienne (les Observants) ; Glapion devint ministre provincial de la province observante de France parisienne, puis prédicateur à la Cour de Lorraine.

Vers 1520, il fut choisi comme confesseur et conseiller religieux de l’empereur Charles-Quint. Il fut tout d’abord attentif au mouvement de réforme initié par Luther, comme le furent la plupart des humanistes du temps, comme Erasme, avec lequel Jean Glapion était en relation amicale.. Mais très vite il s’opposa aux thèses luthériennes et développa dans ses écrits spirituels destinés au peuple chrétien une conception de la vie chrétienne qui recommandait les pratiques de piété et de pénitence et la fréquentation de la liturgie et des sacrements. Il joua un rôle important auprès de Charles-Quint, et dans sa résistance à la Réforme protestante, et dans les préoccupations missionnaires du souverain d’Espagne, vis-à-vis du Nouveau Monde. Il accepta de partir pour l’évangélisation de la Nouvelle Espagne (le Mexique) et fut chargé d’en recruter les premiers missionnaires, parmi les Observants. Mais venu à Valladolid pour préparer son départ, il y contracta une fièvre maligne et décéda le 14 septembre 1522, laissant au frère Pierre de Gand le mérite d’avoir été le premier missionnaire franciscain du Mexique.

[modifier] Son œuvre

L’œuvre de Jean Glapion est abondante et variée, et correspond aux activités diverses qu’il a exercées  :

  • Des écrits intéressant l’actualité de l’Ordre franciscain au XVIe siècle
    • écrits polémiques avec les Conventuels,
    • discussion avec Boniface de Ceva ;
    • des statuts et textes disciplinaires pour les couvents observants, en particulier pour les couvents d’études ;
  • Une abondante correspondance, en partie perdue, avec des responsables religieux et des hommes politiques de son temps ;
    • notamment des lettres adressées à Charles Quint,
    • des interventions en faveur des monastères de Clarisses ou des Annonciades qu’il soutint dans leur fondation de Bruges.
  • Plusieurs collections de sermons,
    • pour le Carême, le temps de la Passion, sur le Notre Père etc…,
    • un traité sur « la Passion de Notre Seigneur représentée dans les cérémonies de la messe ».
  • Des traités de vie spirituelle pour l’instruction et l’édification du peuple chrétien, dont les plus célèbres sont « La Cité du Cœur divin » et surtout « Le passe-temps du Pèlerin de vie humaine », son écrit le plus répandu, dont la traduction flamande fut mise à l’index par l’Université de Louvain. Cet écrit est un précieux témoignage sur la vie chrétienne proposée au peuple catholique dans le temps de la résistance à la Réforme protestante et aux thèses de Luther.

Jean Glapion laisse le souvenir d’un homme très intelligent, rigoureux dans l’observance religieuse, actif dans l’apostolat et la défense de la foi, soucieux du progrès spirituel et de la formation catéchétique du peuple chrétien. Son influence auprès de Charles-Quint semble avoir surtout concerné le domaine religieux et missionnaire, car sa position était délicate, puisque sujet du roi de France, il était le confident et le confesseur d’un prince étranger souvent en conflit avec son propre souverain.

[modifier] Bibliographie

  • H. Lippens, Jean Glapion défenseur de la réforme de l’Observance, conseiller de l’Empereur Charles-Quint, A.F.H. 44 (1951), 3-70 ; 45 (1952), 3-71.
  • Dictionnaire de Spiritualité, t. 6, 419f.
  • A. Godin, La société au xviè siècle, vue par J. Glapion (1460?-1522), frère mineur, confesseur de Charles-Quint: Université de Lille, 1964,pp. 342-370 ; 24 cm in Revue du Nord, tome 46, n°182, juillet-septembre 1964.
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