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Frère Luc, Claude François

De Wikitau.

Frère Luc, Claude François. (1614-1685)

Frère mineur Récollet, diacre, artiste peintre

Sommaire

[modifier] Sa vie

Claude François est né à Amiens, en 1614. Son père était fabricant de drap. Très doué pour le dessin, le jeune Claude fréquenta plusieurs artistes. Dès ses dix-huit ans, ses parents l’envoyèrent à Paris, près du peintre Simon Vouet. Il y demeura jusqu’en 1635. Puis il partit pour Rome, jusqu’en 1644. Il y rencontra quelques grands peintres français, comme Nicolas Poussin et Claude Lorrain, venus eux aussi se former en Italie en copiant les grands maîtres : Raphaël, Guido Reni etc… De retour à Paris, il fut, un temps, l’assistant de Nicolas Poussin, pour des travaux de décoration des salles d’apparat du Louvre. Il ouvrit lui-même un atelier, où il obtint d’être nommé « peintre du Roi ». En 1630, il fut victime d’un grave accident de cheval, étant tombé dans la Somme et sur le point de se noyer, il fit un vœu à Notre-Dame de Foy. En 1641, après la mort de sa mère, il entra chez les Frères mineurs Récollets du faubourg Saint-Martin de Paris. Il fit profession religieuse le 8 octobre 1645 et prit le nom de Frère Luc, probablement parce que saint Luc est vénéré comme le patron des artistes. Religieux très régulier, humble et dévoué, il dut accepter, par obéissance le diaconat, mais il refusa la prêtrise à laquelle voulait l’appeler l’archevêque de Paris, Mgr de Péréfixe. Désormais il travailla surtout pour les maisons de son Ordre, mais il honora aussi d’autres commandes de peintures religieuses : il réalisa plus d’une centaine de grandes compositions religieuses, fit des portraits dont celui de la reine et réalisa des cartons pour la tapisserie des Gobelins. Dans la province Saint-Denis, des Récollets, il décora le couvent de Saint-Germain-en-Laye et le couvent d’Amiens. En 1655, il fut appelé à Châlons en Champagne, pour décorer le couvent des Récollets et y composa une série de tableaux –

En 1670, ses supérieurs le désignèrent pour faire partie de la deuxième équipe des Récollets envoyés dans la Nouvelle-France, à la demande du roi. Il dut participer à la reconstruction de l’église du couvent, laissé à l'abandon après le départ des religieux, (1629), dû à l'incursion des Anglais. Il demeura quinze mois au Québec, y exécutant plusieurs toiles religieuses pour son couvent. La plupart de ces toiles sont exposées dans le musée de l’Hôpital des Augustines de Québec, ancien couvent des Récollets et en d’autres églises du Canada. A son retour en France en 1671, il reçut la mission de reconstruire le couvent de Sézanne qui était en fort mauvais état et d’y décorer la chapelle. Il composa une série de tableaux sur la Vie de saint François, qui constituèrent la partie la plus achevée et la mieux conservée de son œuvre. Enfin il peignit une nouvelle série de tableaux sur la vie de saint François d’Assise, à Paris, à partir de 1675. Il continua à s’intéresser au Canada, en y envoyant quelques œuvres, par exemple pour l’église de Champlain. En 1680, il peignit une Notre-Dame-du-Rosaire, pour la chapelle de l’hôpital parisien de la Salpêtrière. Plusieurs églises de Paris conservent, aujourd’hui, des toiles du frère Luc, qu’elles ont reçues en dépôt après l‘inventaire et la dispersion des œuvres des Récollets de Paris, lors de la Révolution française. Frère Luc mourut paisiblement, à Paris, au couvent de l’Annonciation, âgé de 71 ans, le 17 mai 1685.

[modifier] Son œuvre

Frère Luc ne fut pas seulement peintre, mais aussi architecte. Il est intervenu dans la reconstruction de l’église des Récollets de Québec,aujourd’hui l'Hôpital général de Québec, les plans du Petit Séminaire de Québec (1675-1677), et surtout de Sézanne, en France, dans la Marne.

Quant à sa peinture, on ne connaît pas avec exactitude son œuvre antérieure à son entrée en religion. Par la suite, outre des portraits, comme celui de la reine Marie-Thérèse, femme de Louis XIV (qui semble aujourd’hui perdu), et celui de Mgr de Laval, évêque de Québec, il composa surtout des œuvres religieuses, et en grande partie consacrées à saint François d’Assise et aux saints franciscains. L’attribution de certains tableaux est encore contestée, et probablement certaines œuvres considérées comme anonymes devraient lui être restituées. Frère Luc fut assez prisé en son temps, et très estimé par ses confrères, ainsi qu’en témoignent des notices nécrologiques. – Il n’est certes pas un peintre mineur, mais il fut éclipsé par la célébrité de plusieurs de ses contemporains, les Poussin , Claude Lorrain, Mignard etc…dont il est assez proche. Vivant au couvent, loin de la cour, il ne pouvait avoir la même notoriété, et il avait choisi de peindre pour édifier les croyants et exprimer sa propre dévotion. C’est ce qui explique qu’il fut ensuite un peu oublié, mais récemment redécouvert, pour la perfection de son dessein et ses qualités de coloriste. Il appartient déjà au groupe des peintres maniéristes et baroques.

Liste des œuvres connues

= Les cycles sur la Vie de saint François, réalisés surtout à Sézanne et à Paris : 8 toiles de grandes dimensions: St François quitte la maison de son père, Le Christ donne la règle à François conservées à l’hôpital de Sézanne ; François reçoit l’indulgence de la Portioncule (église Saint-Jean-Saint-François de Paris); Vision de st François : l’enfant-Jésus et sa mère (confondu avec apparition de Jésus à St Antoine), St François reçoit les stigmates,conservées à Sézanne) ; la mort de François, conservée à l’église Saint-Jean-Saint-François de Paris ; Nicolas V découvre le corps de François, consevé à l’hôpital de Sézanne.

= Les œuvres religieuses en Nouvelle-France : La Communion de sainte Claire (vers 1665) dans l'église de La Présentation de Québec, des peintures dans l'église Sainte-Famille (île d'Orléans) et dans l'église de Trois-Rivières, Le portrait de Jean Talon qu'on trouve à l'Hôtel-Dieu de Québec et celui de Mgr François de Montmorency Laval au Séminaire de Québec, La Vierge embrassant le Christ au roseau, musée de Montréal ; Une augustine soignant le Christ en la personne d’un malade, Hôtel-Dieu de Québec ; Le Christ flagellé, Hotel-Dieu de Québec ; L’Ange gardien, Musée national de Québec ; Saint Bonaventure, huile sur chêne, Musée national des Beaux-Arts du Canada ; L’Immaculée conception, tableau dans l’église de Champlain (Québec)

= Dans les églises parisiennes : outre les toiles sur la vie de François d’Assise : église St-Jean-St-François ; à St Nicolas du Chardonnet : Pieta, ou déploration du Christ. - Notre-Dame du Rosaire, chapelle de la Salpêtrière ; Saint Pierre d'Alcantara ravi au ciel par les anges, dans l'église Notre-Dame-de-Bonne-Nouvelle.-

= En d’autres églises et musées : Repos de la Ste famille, église de La chapelle-la-Reine ; Mise au tombeau , église Notre-Dame & Saint-Loup, de Montereau ; Saint François et la fiole transparente, musée d’Orléans ; La montée au Calvaire, église Notre-Dame-en-Vaux, Châlons en Champagne.- Mater dolorosa, musée de Tours.

D'autres œuvres attribuées au Frère Luc attendent confirmation, comme le très beau tableau relatant la légende de Ste Valérie, apportant sa tête à saint Martial, situé dans l'église de Cussac (Haute-Vienne) et qui a fait l'objet d'une restauration en 1993. (cf. 'affaires culturelles' du Limousin).

[modifier] Bibliographie

  • G. Morisset, La vie et l’œuvre de Frère Luc, Québec, 1944
  • R. Aubert, « François,( Claude) », in D.H.G.E
  • M-Th. Laureilhe, Le Frère Luc (1614-1685), Récollet, peintre de saint François , in Bulletin de la Société de l’Histoire de l’Art français, (année 1982), Paris, 1984
  • Françoise Nicolle, Frère Luc, Un peintre du XVIIe à Sézanne, Rotary Club de Sézanne, Sézanne, 1996.

[modifier] Liens externes

Pour voir quelques toiles :

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