2012 : 800 ans de la fondation des Sœurs pauvres par sainte Claire
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Couvent des Capucins de Roscoff

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Sommaire

[modifier] Historique

La date de fondation est incertaine : 1615, couvent et sanctuaire [1], ou 1621.

Au XVIIIe siècle Jean-Claude Sioc'han [2] , né le 13 mai 1722 à Roscoff signe les papiers de donation, d'un terrain pour l'installation des Capucins à Roscoff [3]

"Dès 1615, il est question d'établir une maison religieuse à Roscoff; le projet n'aboutit qu'en 1621. L'histoire de cette fondation est relatée dans une lettre du Père Bonaventure de Morlaix au Père Ambroise de Brest [4]alors gardien de Roscoff. Le récit des délibérations ayant trait à l'affaire est extrêmement suggestif ; on y trouve les noms de plusieurs personnalités de l'époque, entre autres celui du grand chantre de Léon, René du Louet ; qui devint plus tard évêque.

Comme les constitutions des Capucins leur interdisaient en ce temps-là d'entendre les confessions des séculiers dans leur chapelle, les Roscovites n'hésitèrent pas à s'adresser au Général de l'Ordre pour le prier de permettre aux Pères de déroger à ce point de leurs Constitutions. Quelques années après, l'article en question était supprimé à la grande satisfaction des habitants de Roscoff.

Ce couvent qui eut l'honneur d'être, en Bretagne, le dernier asile des Capucins à la Révolution, sera aussi le premier à retrouver ses anciens religieux. Devenu vacant par suite de circonstances providentielles, il vient de leur ouvrir ses portes, grâce à la haute bienveillance de S. E. Mgr Duparc évêque de Quimper et de Léon et à l'aimable concours du Clergé de Roscoff et de Saint-Po"l[5]

[modifier] La Révolution

Les Capucins sur une carte ancienne de Roscoff (cliquer sur l'image pour l'agrandir et voir en détail)

Les articles du P. Feuven sur l'histoire de Roscoff évoquent le mieux possible ce sujet.

Les religieux qui composaient la communauté de Brest, obligés d'évacuer leur maison, supprimée en 1790, optèrent la plupart pour la maison de Roscoff seule désignée, avec celle d'Audierne, pour recevoir les quarante-huit religieux capucins existant dans le département.

  • Le 10 juillet 1792 : la municipalité, "ouï son procureur" proteste contre l'enlèvement illégal des capucins de Roscoff dans la nuit du 8 au 9. Les capucins sont déportés avec précipitation et arrivent à Jersey, île protestante, avec leur costume et leur barbe

L'ordre lui vint de fermer définitivement le Couvent des Capucins.

  • Le 18 Novembre : se tint l'assemblée des officiers municipaux qui délibérèrent et arrêtèrent que, vue la loi du 16 Août : “les citoyens Heurtin et Villaucourt descendront à l’ex-communauté des Capucins pour notifier aux ex-religieux, qui y sont qu'ils eûssent à quitter leur costume ainsi qu'à évacuer la Communauté dans trois jours au plus tard et à n’emporter d'effets que ceux qui leur sont accordés par la loi et à en faire auparavant leur déclaration à la Municipalité... Et il sera nommé pour trois jours les commissaires es-mains desquels le Père économe remettra les effets portés dans les procès-verbaux d'inventaires, y-devant rapportés. . Mège, Quarré, Heurtin, Villaucourt, Kerenfort.. "Quatre jours plus tard eut lieu l'expulsion.
  • Le 22 Novembre 1792, le Maire et le Procureur de la Commune de Roscoff ne trouvèrent à expulser que quatre religieux :
  • P. Pacifique du Faouet , gardien (JL. Nicol) 73 ans
  • F. François de Quimper (LF. Cornic) 66 ans, [6]
  • P. Joseph de Roscoff (Yves Mével) 63 ans, (voir plus bas)Le P. Joseph de Roscoff (Yves Mével) , naquit en 1729 .... [7] Il prit l'habit de capucin au noviciat de Quimper le 24 décembre 1751, et fit profession l'année suivante. Quoique malade, il fut arrêté et guillotiné à Brest.
  • Frère Louis, de Morlaix (Joachim Marie Alexandre) 38 ans.frère-lai Frère originaire de Pleyber-Christ, il se rendit le 29 mars 1791 à Roscoff [8]

Les R.P. Pacifique et François, recueillis, le premier par la famille Kermabon, le second par la nommée Bernardine, rue des Perles, ne restèrent pas longtemps à Roscoff ; ils furent mis en arrestation quelques jours plus tard. Un bataillon du régiment 'Mayenne et Loire' était venu tenir garnison à Roscoff dans les premiers jours de Novembre. Deux officiers de ce régiment furent chargés spécialement par le District de faire la chasse aux prêtres réfractaires. Leur certificat d'arrestation du 12 Décembre porte que le P. Pacifique était "vieillard et infirme". A partir de ce moment les deux religieux furent traînés d'une prison à une autre. Leurs noms se trouvent sur les listes des ecclésiastiques qui furent dans les maisons d'arrêt du Finistère en 1793 / 94, et de nouveau en 1795 / 96.Le frère Louis-François avait ses parents à Morlaix. Il se retira dans sa famille, qui ne le conserva pas longtemps. Mis en arrestation, il fut déporté sur les côtes de la Charente-Inférieure. Il mourut le 17 Octobre 1794 sur le ponton "Le Washington" en rade de l'île d'Aix et fut inhumé à l'île Madame.

[modifier] Joseph de Roscoff

Joseph de Roscoff fut arrêté à Morlaix et guillotiné le 16 juillet à Brest."Un vénérable Capucin, natif de Roscoff, nommé Yves Le Mevel, et en religion le Père Joseph, n'avait pas été soumis à la déportation à cause de son âge et de ses infirmités. Il les avait sans doute contractées en travaillant au salut des âmes, car il était ancien missionnaire apostolique. Agé de soixante-cinq ans et accablé de douleurs de goutte, il s'était procuré un asile à Morlaix chez une dame respectable, nommée Julie Démaret, veuve Ruvily Lesaulx. On l'y arrêta, ainsi que son hôtesse ... Il est probable que le Père Joseph exerçait quelque fonction du saint ministère, à laquelle assistaient ces quatre dames, lorsqu'on les saisit tous, car on ne peut deviner aucun autre motif de leur arrestation. On trouva ce bon religieux revêtu de l'habit de son ordre, ce qui sans doute parut un crime. Il était si débile, qu'il fallut le soutenir pour qu'il pût se rendre à la prison, et, dans le trajet, le faire reposer sur une pierre. Conduit à Brest, ainsi que ses co-accusées, dès le lendemain du jour où il avait été arrêté, il y fut traduit en même temps qu'elles au tribunal révolutionnaire , qui prononça contre lui et les quatre dames une sentence de mort, exécutée le 6 juillet, cinq jours après leur arrestation à Morlaix."[9]

[10]

[modifier] Vente du Couvent

Après avoir servi quelque temps de caserne à la troupe (dont le commandant occupa le presbytère), le Couvent fut vendu avec ses dépendances, et le mobilier dispersé aux feux d'enchères publiques. Quant aux vases sacrés du Couvent, quatre calices, un ciboire et un ostensoir en argent, mis en sûreté dès le 22, ils furent envoyés le 7 Janvier suivant au District de Morlaix. Les Capucins étaient expulsés, les scellés étaient mis sur leur Couvent. Il ne restait qu'une dernière formalité à remplir, informer le District de l'évènement. Ce fut fait, dès le 23, par un court billet. Juste retour des choses d'ici-bas ! Malgré les gages donnés à la révolution, E.F. Quarré d'Aligny, signataire de ce billet, sera bientôt lui-même suspendu de ses fonctions d'officier municipal, expulsé de Roscoff et mis en prison, comme s'il était un vulgaire moine capucin.

Dénoncé par ses deux compagnons d'armes dans l'expédition des Capucins, le maire Gérard Mège, ne tardera pas non plus à goûter les horreurs du cachot", où il sera enfermé sous l'accusation surprenante d'être un aristocrate et un ennemi de la révolution

Le couvent est détruit au XXe siècle.

[modifier] Capucins célèbres

  • P. Joseph de Roscoff (voir le P. Feuven dans la Voix de Sainte Barbe)
  • P. Césaire de Roscoff né le 15 mai 1593 à Roscoff, il entra au Noviciat de Rennes le 7 mars 1715. Il revint de mission en 1633 et fut plus tard gardien au couvent de Lannion[11]
  • Frère Blaise, religieux capucin de Roscoff, ingénieur et maître architecte (1685 environ)
  • Le Père Grégoire de Rostrenen (le P. François-Grégoire De), "prêtre et capucin, natif de la ville de Bretagne dont il porte le nom, mort à Roscoff vers le milieu du XVII siècle, est l'auteur du:Dictionnaire français celtique, ou français-breton,nécessaire à tous ceux qui veulent traduire le français en celtique que, en langage breton, pour catéchiser et confesser selon les différents dialectes de chaque diocèse, etc., Rennes, 1732 m-k.'; Grammaire française-celtique, Rennes, 1738, in-12; Brest, 1795 et ; Exercices spirituels de la vie chrétienne, suivis de pieux cantiques en langue bretonne, Saint-Pol-de-Léon, 1709 ."
  • Fr. Eugène de Guengat passionné de langue bretonne vécut de 1937 à 1945. Il traduisit à Roscoff en breton les ouvrages franciscains comme les Fioretti de Saint François, Fioretti pe bleuniou sant Fransez a Asiz et Buhet skeudennet sant Fransez Asiz [12]

[modifier] Le Jardin des capucins

  • Le figuier des capucins. Le figuier planté en 1610 couvrait une superficie de 600 m2 et avait de 100 m à 150 mde circonférence Son l tronc avait 1 mètre 75 centimètres de circonférence, et 1 mètre 50 centimètres de hauteur [13] Très célèbre, il attirait les visiteurs et les touristes dans le couvent. Il pouvait disait-on , abriter cinq cents hommes. Il était entouré d'une tonnelle et on avait construit un mur pour le soutenir et des piliers de granit, une charpente. Ses figues extrêmement nombreuses etaient vendues dans tous les marchés avoisinants. PArfois on utilisait un peu de son bois.[14]
  • L'oignon rosé des Johnnies : en 1647 Frère Cyril, un moine capucin, en sema les premières graines dans les jardins du couvent à son retour de Lisbonne au retourd 'une campagne d'évangélisation en Angola :l’oignon est d’abord cultivé dans les jardins du couvent des Capucins; ensuite la culture de l'oignon de Roscoff se développa dans les environs du port puis, au 18ème Siècle, en raison du déclin du commerce de la toile, les paysans commencèrent à le cultiver ave d'autres légumes. Il devient célèbre au 19° siècle lorsque en 1828 Henri Ollivier commence à les vendre un bon prix en Angleterre. Il fait alors la fortune de Roscoff. A partir de 1920 les "Johnnies" partent chaque année en Grande-Bretagne en faire commerce, au mois de Juillet.C'est de Roscoff que démarre l'aventure légumière du Léon : On attribue le développement de ces cultures maraîchaires de primeurs et légumes aux Capucins. [15]

(voir les articles sur les Johnnies dans la revue paroissiale La Voix de Sainte Barbe°

[modifier] Destruction du Couvent

Le grand crucifix du réfectoire est transféré à Angers.

[modifier] Notes et références

  1. Le port et havre de Roscoff: ou, Histoire d'une vocation maritime Jean Tanguy page 37
  2. Les généalogistes du Finistère
  3. ce serait le terrain du figuier. Or ce figuier aurait été planté par les Capucins en 1625.
  4. Le P. Ambroise de Brest, l'historien du pèlerinage de Sainte-Anne d'Auray, est plus connu. Entré dans l'Ordre le 17 juin 1615 à 29 ans, il eut l'honneur de donner le premier sermon à Sainte-Anne, le 26 juillet 1625, il prêcha en breton. Il écrivit des mémoires manuscrites. Mgr de Rosmadec avait confié le tout nouveau santuaire aux capucins.
  5. Extrait des « Capucins bretons » par P.Fulgence de Goudelin – 1937
  6. Louis François C, né à Quimper le 28 janvier 1726, capucin sous le nom de Père François de Quimper, vicaire du couvent de Roscoff en 1792, se constitua volontairement en arrestation à Roscoff en mai 1793, et déclarait en l'an III vouloir exercer son ministère, après la pacification annoncée par les proclamations de Guezno et de Guermeur [Sem. rel. de Quimper, 1892, p. 344, 429) Répertoire général de bio-bibliographie bretonne, Volume 10 - René Kerviler.
  7. Etudes franciscaines, Volume 22 1909
  8. Lire:Joachim-Marie Alexandre, en religion frère Louis- François dans le Bulletin diocésain d'histoire et d'archéologie, Volumes 26 à 27 1927
  9. Histoire de la persécution révolutionnaire en Bretagne, François Marie Tresvaux de Fraval
  10. Chroniques d'histoires publiées ans le Bulletin Paroissial de Roscoff de 1962 à 1977 N° 196 - 1965 - Octobre
  11. Biographie pages 14-18, 67-80, 136-148 biographie du Père Armel, Le Père Césarée, de Roscoff, capucin (1593- 1654) [directeur et conseiller de Nicolazic et missionnaire en Egypte].
  12. Notice biographique Dictionnaire du monde religieux dans la France contemporaine, Volume 3 Par Jean Marie Mayeur,Yves Marie Hilaire,Michel Lagrée, page 134
  13. retrophoto
  14. Les capucins à Roscoff, 1621-1792: le grand figuier François (de Paule, père, O.M.C.) "Le Figuier se trouve à ce point dans un milieu favorable qu'un exemplaire de cet arbre, cultivé dans l'enclos des Capucins, à Roscoff, est considéré comme l'un des plus forts échantillons connus en Europe et peut-être dans le monde " (le Naturaliste, 1903) Il est abattu en 1987. s.n., 1937
  15. Révoltes paysannes en Bretagne: à l'origine de l'organisation des marchés,F. Elégoët, 1984

[modifier] Lien externe

[modifier] Géolocalisation


[modifier] Bibliographie

Le bulletin paroissial de Roscoff la Voix de Sainte Barbe comporte quelques articles sur le couvent et sur les capucins pendant la révolution :

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