Pour lutter contre des attaques de robots, la création de nouveau comptes est momentanément suspendue. Veuillez nous en excuser.
Vous pouvez formuler votre demande de création de compte sur la page de discussion de frère Vincent
Cacao
De Wikitau.
|
|
Les franciscains le découvrirent : c'était la boisson favorite des Aztèques et des Mayas. L'histoire du cacao et des cacaoyers au Nouveau Monde se trouve plusieurs fois mêlée à celle des franciscains, explorateurs, ethnologues, botanistes qui les plantèrent, missionnaires qui en distribuèrent ..et eux-mêmes grands consommateurs de chocolat.
[modifier] Les premiers missionnaires au Mexique
- Le missionnaire Olmedo, compagnon de Ferdinand Cortez, qui rapporta des amandes de cacao en Espagne après la conquête du Mexique était mercédaire et non franciscain comme on l'écrit souvent. Les franciscains au Mexique découvrirent grâce aux indiens mayas, dont c'était depuis des millénaires la boisson favorite, une boisson rituelle, le zaca, du cacao, mélangé au maïs. Plus tard ils l'importèrent en plusieurs pays d'Amérique de Sud et en firent la culture.
- Dans son Histoire des Indiens de la Nouvelle Espagne (1541), le missionnaire franciscain Toribio de Benavente (c. 1500-1569), présente le cacao comme le fruit d'un arbre de faible hauteur requérant l'ombre d'un autre arbre qui « est telle la mère du cacao est ainsi appelé ». Ce fruit a l'aspect d'un épi qui « généralement contient environ trente grains ou amandes » précisant que la valeur d'une carga (soit 24 000 amandes) s'accroît « au fur et à mesure qu'elle est emportée loin de l'endroit où elle est cueillie et selon la saison de l'année ». Le cacao s'utilise — nous dit-il — « moulu et mélangé avec du maïs et d'autres graines également moulues » pour former un breuvage «qui a très bon goût».
- Diego de Landa, dans sa Relation des Choses du Yucatân (1550), se contente de parler d'une boisson faite à base de maïs, de cacao moulu, d'eau et de piment d'Inde, élaborée « sous forme d'une mousse très savoureuse »
- Bernardino de Sahagún dans Histoire générale des choses de la nouvelle-Espagne (1559) en parle très souvent, le cacao des dieux, teocaca- huatl (chocoatl signifie eau gémissante de chocani, gémir), [1] de l'arbre à cacao de diverses couleurs nommé xochicacaotl. Il serait bien difficile de dire quelle était, dans l'ancien Mexique, la valeur du cacao employé comme monnaie...[2] Il mentionne quelques coutumes comme de boire le cacao lors des noces avec du pulcre et des recettes : dans des bols blancs ou de différentes couleurs, cacao noir, vermeil, orange, blanc, mélangé à du miel, à du ueinactztli, mélangé avec des cuillères en tortue. On le consommait aussi mélangé à du maïs, dans des pots pour cuire le maïs et le cacao : une mouture appelée cacaoapinolli. Mélangées avec du très bon cacao, des épices appelées teunacazlli ou des espèces aromatiques tlilxochitl et autres choses comme la vanille. Une recette: Après avoir extrait et grillé les fèves, on les concassait de manière à obtenir une pâte que l'on mélangeait avec de l'eau, de l'anis, de la cannelle ou de la vanille. On épaississait la préparation à l'aide de farine de maïs ou de bouillie de la même farine, avant de la battre avec une branche. Il décrit le métier de vendeur de boisson de cacao, qui concasse les amandes, les pulvérise en poudre, les mélange au maïs et y met de l'eau, puis le tamise, pour un mélange mousseux. Sahagun décrit le bon vendeur de cacao : c'est celui qui vend des grains bien développés, pleins et bien ronds ; chacun d'eux est sélectionné, chacun a sa place : d'un côté les fermes, d'un autre les rabougris, les vides, les brisés et d'un autre la poudre de cacao. Le cacao mélangé à telle plante aromatique médicinale, soigne les crachements de sang, à telles fleurs odorantes à forme d'épis de maïs, enivre.
[modifier] Le zacá
Zacaa ou sac-haa. Breuvage fort estimé, sorte de chocolat (Diego de Landa). « Ils font griller aussi du maïs et les moulent ensuite, délayant le tout dans de l'eau, ce qui fait une boisson fort fraîche, en y mêlant un peu de piment des Indes ou de cacao. Ils font encore du maïs et du cacao, réduits en poudre, une sorte de boisson écumante fort savoureuse : c'est avec cela qu'ils célèbrent leurs fêtes. Ils retirent du cacao une graisse qui ressemble à du beurre, et de cette graisse mêlée avec du maïs composent un autre breuvage savoureux et fort estimé» (Diego de Landa , 1524-1579) [3]
En 1618, deux franciscains, Juan de Orbita et Bartolomé de Fuensalida, partent de Mérida, explorent le Petén, région inconnue du Guatemala et parviennent à une ville maya appellée alors Nohpetén ( aujourd’hui Flores) : "Les itzaes qui faisaient le guet pour savoir quand les religieux approcheraient, avertirent le Canek de leur arrivée, et ce dernier envoya un de ses gendres avec d’autres personnes de sa famille, dans deux canoës, qui parcoururent plus de deux lieues pour les saluer et les accueillir en son nom. Ils apportèrent une boisson qui se nomme zacá, dit-on, dont ils apprécient la mousse de cacao"[4]
[modifier] La cargaison de chocolat de Serra, fondateur de la Nouvelle-Californie
- Le 28 août 1749, frère Junipère Serra embarque pour le Nouveau Monde à Cadiz sur le navire Notre-Dame de Guadalupe, avec trente moines fransciscains, les frères François Palou et Jean Crespi et une grosse cargaison de chocolat. Son diaire et ses lettres y font parfois allusion ainsi que les mémoires de François Palou, mentionnant entre autres choses, la pause-chocolat, les petits-déjeuners, avec chocolat ...ou sans chocolat et les gâteaux au chocolat[5]. Il trouvait que le chocolat était très important, remerciant Dieu, distribuant des tablettes de chocolat aux indiens pour leur travail ou en don, avec des figues ou du raisin, et en recevant du Gouverneur.
"Dans le livre épuisé de Bess Cleveland, Recettes de Mission [7] , celle-ci écrit que le chocolat chaud était une des boissons préférées du padre et dit que le cacao et le chocolat ont été apportés à la mission par des navires ravitailleur. Elle a aussi écrit que le padre est venu du Mexique où le chocolat chaud était la boisson favorite. Son livre donne 4 recettes de chocolat chaud qu'elle attribue à San Fernando la Mission." [8] Le petit-déjeuner à la mission : les femmes faisaient bouillir le repas du petit-déjeuner dans de grands chaudrons de fer dans la place centrale. Il consistait en porridge en grain, avoine et maïs, orge ou blé appelé atole, avec le chocolat.
Il a inclus plus tard, les demandes de chocolat avec celles des fournitures de la mission en sorte que ses frères puissent toujours boire du chocolat chaud au petit-déjeuner, ou le soir, et ses lettres témoignent de cet attachement au chocolat : "un certain chocolat, que jusqu'à maintenant nous ne nous sommes pas épuisés de remercions Dieu..." Combien de nous ont dit DIEU MERCI quand nous en chasse pour trouver du chocolat tard dans la nuit ? Pour constater que peu de confiserie de chocolat soit cachée dans les coussins de sofa ?" [9]
Chocolat chaud de la Mission San Fernando
- 1 cuillère de cacao
- 3 cuillères à thé de sucre
- 1 pincée de sel
- 1 tasse d'eau chaude
- 1 tasse et demie de lait chaud
- 1 oeuf bien battu
- 1 cuillère à thé de vanille
- Muscade ou cannelle
Mélangez le cacao, le sucre, le sel et l'eau chaude. Faites cuire environ 3 minutes, ajoutez le lait chaud au point d'ébullition mais ne lui permettez pas de bouillir. Ajoutez l'oeuf battu, la vanille, 1 pointe de muscade ou de cannelle pour goûter et battre dans le chocolat chaud, servez ensuite .
[modifier] Capucins
- Les capucins introduisent le cacao en Équateur vers 1635. Trinidad : La première mention de cacaoyer date de 1618 mais l'essor est surtout postérieur à 1685, sous l'impulsion des missionnaires Capucins aragonais et catalans qui plantèrent des cacaoyères au Nord de l'île et l'encourageront aussi sur la péninsule de Para au Vénézuela. En 1758," Des Capucins réussirent à introduire dans l'île une nouvelle variété, le Forastero, plus rustique quoique inférieure ; c'est là l'origine du cacao aujourd'hui cultivé à Trinidad" : ils firent venir des plants de la basse vallée de l'Orénoque, des plants de la variété forastero qui s'hybridèrent avec ceux qui restaient de la variété criollo au début du XIXe siècle, ce qui aboutit à la création de la première espèce hybride de cacao, baptisée « trinitario ». [10] :
- Le Français s'est développé en martinique grâce aux franciscains qui y exploitèrent le cacao...
[modifier] Le chocolat au Madère du capucin
« Je n'ai connu dans les Iles françaises qu'une seule personne qui usât journellement de chocolat au vin de Madère. C'était un capucin appelé le P. ***, qui était curé à la Martinique, au quartier des anses d'Arlet. Tout le monde s'étonna pendant longtemps qu'il ne faisait qu'un repas par jour, et cela le soir, et même assez tard, n'ayant pris en toute la journée qu'une tasse de chocolat. Mais l'étonnement cessa quand on sut à la fin que cette tasse était une écuelle de bonne grandeur dans laquelle il prenait quatre onces de chocolat, avec six onces de sucre et trois œufs dissous dans une bonne chopine de vin de Madère. Je suis sûr que tout autre qu'un capucin aurait pu demeurer vingt-quatre heures sans rien prendre, après une pareille tasse de chocolat.» (P. Labat) [11]
[modifier] Notes et références
- ↑ TEOCACAHUATL:
teôcacahuatl:
- ~ botanique, variété de cacao sauvage (cuauhtlahcacahuatl) nommé également teôcacahuatl
- ↑ El México antiguo: selección y reordenación de la Historia general de las ... Par Bernardino de Sahagún,José Luís Martínez 25 pages concernant le cacao [1] et Historia general de las cosas de Nueva Espanã, 19 pages [2]
- ↑ Relation des choses de Yucatan, Diego de Landa
- ↑ Source du texte cité : [3] Le Zaká était une boisson rituelle faite de chocolat, maïs (liqueur fermentée), et achiote Voir pour cette boisson lire Pre-Columbian Foodways : Sakha, the white water ritual, 246/248
- ↑ On the other hand, when he told him of the meager supply of food at Monterey, how there had not been even a little cake of chocolate with which to honor his presence at their breakfast table ...Francisco Palou's Life and Apostolic Labors of the Venerable Father Junipero
- ↑ Lire en détail :Chocolate: history, culture, and heritage Par Louis E. Grivetti,Howard-Yana Shapiro Chocolate: history, culture, and heritage Par Louis E. Grivetti,Howard-Yana Shapiro et voir aussi Chocolate- History Pages 446 et 448
- ↑ 1984, des Éditeurs de Société de Charles E. Tuttle, Rutland, VT
- ↑ Lire:The San Fernando Mission
- ↑ Cité dans Fray Junipero Serra was a Chocoholic! article de Sandy Lydon, Historienne - The History Dude
- ↑ Les Cahiers d'outre-mer, Volumes 45 à 46
- ↑ Rappel: Le cacao ne rompt pas le jeûne, le pape Pie V ayant trouvé écœurante cette boisson. En 1662, la consommation du chocolat est devenue suffisamment importante pour justifier une bulle papale expliquant que boire du chocolat liquide ne rompt pas le jeûne.Le Jeûne et le chocolat le rigorisme janséniste en Italie
[modifier] Bibliographie
- BRANCATI DE LAURIA, Lorenzo, OFMconv, 1612-1693.- De chocolatis potu (Diatribe) dans : Francisci Mariae Cardinalis Brancatii, De Sacro Viatico in extremo vitae periculo certantibus exhibendo Opinio. - Viterbe, Pietro Martinelli; Rome, Zaccaria Domenico Aczamitek, 1664
- PALOU, François .- Francisco Palou's Life and Apostolic Labors of the Venerable Father Junipero.
- SHAPIRO et GRIVETTI, Louis.- Chocolate: history, culture, and heritage.- 2009 .- sur Google Livrs


